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Helden ▬ Le charmant prisonnier.

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AuteurMessage
Helden Masculin Messages : 519
Date de naissance : 10/08/1997
Date d'inscription : 04/01/2013
Age : 20

Refugee Card
Nom: Helden
Race: Incube
Pouvoir: Immortalité
avatar
Incube
MessageSujet: Helden ▬ Le charmant prisonnier. Dim 6 Oct - 20:16



Présentation de Helden

Carte d'identité.

Helden n'est qu'un pauvre incube dont l'âge est inconnu, mais aussi vieux que les anges protecteurs. Il s'intéresse à toutes races confondues et à tout sexe confondus. Son pouvoir ? C'est simple. Il ne peut pas mourir. Tout du moins, pas de la main d'un autre. Il ressuscitera chaque fois qu'il sera assassiné. La seule fois où sa vie prendra réellement fin, sera la fois où il se suicidera. Et ce n'est pas près d'arriver ! Nous verrons les faiblesses plus tard.. Pour ce qui est de son camp, eh bien, il ne fait certainement pas parti de l'Armée, il n'apprécie pas l'église, et n'est pas neutre... Il est donc dans son propre camp !
Derrière l'écran.

J'ai deux surnoms. Misaki & Helden. Je ne saurais dire lequel je préfère ! J'ai créé le forum, donc bien évidemment, je l'adore. J'ai un niveau de rp tout à fait acceptable, et je valide moi-même le code du règlement, cela va de soi !






Physique



Je me souviens du son de sa voix. Elle résonnait dans ma tête, des jours durant, sans me laisser un moment de répit. Mais je ne lui en ai jamais voulu. Je ne me sentais plus seul, comme ça. Et l’écouter avait quelque chose d’amusant. Parfois, de terriblement triste. Mais la plupart du temps, je l’entendais uniquement se plaindre, ou bien raconter des anecdotes sur sa vie, d’apparemment, bien lointaine. J’ai alors cru qu’il était mort, que je n’avais donc que des échos d’un fantôme, bien que je n’y ai jamais cru. Il ne savait pas que je pouvais l’entendre.

Puis un jour, il a laissé entendre l’endroit où il se trouvait. Il se plaignait de l’étroitesse de sa cellule. De sa froideur. De son manque de compagnie. J’avais déjà commencé à le chercher avant ça, mais maintenant je savais parfaitement où aller. C’est donc d’un pas dansant que je suis allé dans la salle d’enfermement. Il m’y attendait, je le sais. Je suis passé devant un tas de prisonniers, mais je sais que ce n’était aucun d’eux. Je leur ai pourtant demandé des indications, à propos de ce « Helden ». Beaucoup ne savait pas de qui il s’agissait.

C’est au fin fond de la salle que je l’ai trouvé. Le mot était passé aux prisonniers, à ceux qui le connaissaient. Ils se demandaient ce qu’un gamin comme moi avait affaire avec lui. Ils disaient de telles infamies à son sujet que j’avais presque peur de le découvrir. Mais moi, je savais ce qu’il se cachait dans son esprit. Il n’est pas quelqu’un de méchant. Je le sais. C’est donc avec un immense plaisir que je me suis planté devant les barreaux de sa cage. Et ce n’est qu’à cet instant-là que sa voix a cessé de me parvenir.

« Dis… Pourquoi tout le monde me dit de ne pas t’approcher ? »

Je ne savais pas quoi dire pour le faire réagir, alors j’ai sorti la première chose qui m’était passée par la tête. Mais j’aurais plutôt préféré lui dire « Je suis content de t’avoir enfin trouvé ». Je lui dirais plus tard, c’est certain. Pendant que j’attendais qu’il me réponde, je me suis permis de détailler ce qui m’était visible. Il n’était pas bien imposant, ça se voyait même s’il était couché, et de dos. Il ne lui restait plus grand-chose sur la peau, le pauvre ! Je suppose qu’ils ne lui donnent pas de nouveaux habits, c’est bien triste.

Avec le peu de lumière que m’apportait ma lanterne, je ne pouvais pas discerner grand-chose, mais ça devrait être bien plus que suffisant. Comme il était, je ne voyais que sa longue chevelure ébouriffée, descendant facilement jusqu’à ses hanches. Malgré le manque de luminosité, je devinais sans mal qu’elle est noire. Aussi sombre que la nuit. Il porte les ténèbres sur les épaules, que je m’amusais à me dire – bien qu’en soit, ce n’était pas si drôle que ça. Après m’avoir répondu de ce ton las qui lui est propre, il daigne enfin se redresser et regarder dans ma direction.

La première chose que je vois, c’est sa chevelure, vu de face. Quelques mèches retombent sur son front et descendent sur une partie de son visage. Personnellement, je trouve que ça lui donne un air rebelle. Charmant, oserais-je même dire. Il en va de même pour son visage. Les traits fins qui le composent sont très appréciables, ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on se rend compte qu’il s’agit d’un incube. Je souris doucement face à cette constatation. Il y a cette aura autour de lui, semblant ne pas réussir à passer les piliers qui l’entravent. Puis, il est simplement beau.

« Tu mens ! Tu n’es pas aussi méchant que tu le dis… Je le sais, moi. »

Je voudrais qu’il me croie. Je le sais, ayant passé la plupart de mes journées à l’écouter déblatérer sa vie, et donc ses actes passés. Je remarque d’ailleurs comme sa voix est semblable à celle que je prenais plaisir jusque-là à entendre. Un soupçon de sensualité mélangé à de l’amusement ainsi que ce ton moqueur, et très souvent las. Lorsqu’on le connait, qu’on sait par quoi il est passé et le temps qu’il a passé entre ses murs, il n’y a rien d’étonnant à cela. Même s’il parait toujours joyeux, je sais ce qui se cache derrière ce regard !

Il pense pouvoir intimider n’importe qui avec ces yeux-là. C’est vrai qu’on a généralement du mal à ne pas se méfier d’un type avec des prunelles aussi écarlates, comme s’il les avait peintes avec le sang de potentielles victimes. Ce n’est que foutaise. Oui, il y a eu victime par le passé, et il y en aura probablement d’autre dans le futur, si je parviens à le sortir de cette cage – et si ce n’est pas moi qui le fais, quelqu’un d’autre s’en chargera, mais il ne faut pas se méprendre. Il ne faut pas se fier à cette teinte.

Après avoir longuement discuté avec lui, j’ai eu l’occasion de le voir sourire. Pas celui qu’il présente habituellement à n’importe quelle personne. Ce sourire sincère qui lui vient naturellement et du fond du cœur. Je sais bien qu’il ne laisse personne de pas suffisamment proche de lui les voir – et déjà que s’approcher de lui, c’est difficile ! Alors ça n’en est que plus gratifiant d’avoir droit à ce privilège. Il n’aime pas le montrer aussi parce que ça le rajeunit terriblement malgré ses milles ballets dans les pattes. Je me moque souvent de lui à ce sujet par taquinerie.

Lorsqu’il rit, il y a des étincelles dans son regard. On dirait alors un feu d’artifice. Cet éclat de joie, je l’adore. Et il a un rire très communicatif ! Enfin, ça c’est quand il rit avec le cœur en fête et pas pour se moquer intentionnellement d’une personne. Autant dire que c’est plutôt rare, étant donné qu’il n’apprécie pas de se dévoiler. Je suis une exception pour avoir déjà vu une bonne partie de ce qu’il y a dans sa tête. Il s’embarrasse facilement, en réalité, et peut vite devenir une tomate. Il faut simplement savoir quelle corde toucher.

L’ayant déjà vu plusieurs fois se mettre debout – et commencer à faire l’imbécile pour me faire rire -, je peux dire avec certitude qu’il est plutôt fin. En même temps, à quoi pouvait-on s’attendre d’un incube qui ne s’est pas nourri depuis des lustres, sans exagération ? Il n’est pas bien grand, aussi. Il m’a dit que sa taille exacte est « un mètre soixante-quinze », mais je ne sais pas très bien à quoi ceci correspond. Il se dit lui-même petit, peu imposant, et ça le gênerait apparemment. Mais ça ne l’empêche pas de faire quoi que ce soit.

J’aurais aimé le voir sous sa forme démoniaque. Il parait que les incubes sont encore plus beaux ainsi ! Mais je n’en ai pas eu l’occasion, malheureusement. Je n’ai jamais réussi à le faire céder. Il se dit terriblement laid. Et ça serait pire qu’être « nu » pour lui (dans la vision d’un humain). Il m’a toutefois avoué qu’il préfère la cacher car ça aurait un rapport direct avec son enfermement, et des choses plus lointaines qui lui causeraient bien du souci si ça venait à être découvert. Je sais qu’il ne m’a pas menti. Parce que je sais tout de lui. Et lui ne sait rien de moi. Et il ne saura plus jamais rien…








Caractère.


J’ai tant essayé de te comprendre. Mais tu es toujours resté une énigme pour moi. J’ai l’impression étrange de très bien te connaître alors que je ne sais strictement rien de toi. Mais y’a-t-il une unique personne sur cette terre à savoir quoique ce soit sur toi ? Je veux dire, quelque chose de vrai. Pas ces mensonges que tu nous sers en quasi-permanence. Avec toi, on ne sait jamais si tu es sincère ou si tu cherches juste à nous embobiner. Parfois, tu racontes des choses tellement horribles que je me dis que ça ne peut être qu’un mensonge.

Pourtant, lorsque je croise ton regard, je ne suis plus sûr de rien. Comment peux-tu avoir cet air si las, si troublé et si mélancolique, en nous faisant des farces ? Je n’arriverais probablement jamais à saisir ta véritable personnalité. Ce n’est pas faute d’avoir tenté de la dénicher derrière tes habituels sourires hypocrites ou simplement moqueur. Tu ne laisses personne t’entrevoir. C’est comme si tu ne voulais pas qu’on te trouve. Et, quand je repense à Ephrem, je me dis que tu as tout bonnement peur. Peur de perdre ceux qui te trouveront. Peur qu’en te voyant, ils fuient.

Mais peux-tu seulement avoir peur ? Chaque fois que je me mets à penser à toi, je me sens incapable de ne deviner rien que ta couleur préférée. Tu es insaisissable. Tu es faux. Tu es un parasite et tu le sais. Tu fais exprès d’énerver. Oh, je pense avoir compris … C’est ça, n’est-ce pas ? Ce que tu nous montres, à tous, c’est la personne que décrivent les rumeurs à ton sujet, hein ? Il y a sûrement une part de vérité là-dedans, tu n’es après tout pas là où tu es pour rien. Mais je le sens.

Tu n’es pas là. Tu es absent. Tu es ailleurs. Mais où ? Tu es rêveur. Comment ne pas le devenir dans ta condition actuelle ? Je ne sais même pas comment tu as fait pour rester sain d’esprit. Je ne sais même pas comment tu as fait pour ne pas mettre fin à tes jours, depuis le temps. Tu es incompréhensible. Et je sais que ça te plait. Tu aimes embrouiller les gens. Tu aimes leur mentir. Brouiller les pistes. Tu es un petit escroc qu’on voudrait voir mort. Alors pourquoi ne pas t’être enfui, lorsqu’ils t’ont attrapé ?

Qu’importe sous quel angle je vois les choses, c’est toujours la même rengaine. Tu n’existes plus depuis ce fameux jour. Personne d’encore vivant à ce jour ne sait ce qu’il s’est passé. C’est resté tant secret ! Tout autant que toi. Tu es une véritable énigme. Ce qui est amusant, c’est que tu es pourtant bien stupide. Tout du moins, tu n’es pas plus intelligent qu’un autre. Tu passes ton temps à dire que les autres sont incroyablement idiots… Et toi, dans l’histoire ? Tu es quelque peu naïf, aussi. J’ai déjà pu le constater à plusieurs reprises. Mon pauvre.

Pourquoi est-ce que je te plains ? Je te hais. Je te hais à un point que je voudrais pouvoir te tuer. Mais ça m’est impossible. D’un point technique et sentimental. Je ne peux pas te tuer. Ou plutôt, je ne veux pas te tuer. J’en deviens aussi contradictoire que toi. Ce doit être à cause de ce regard. Il me retient. Il repousse ma volonté. Car c’est comme s’il criait au monde entier : « Tuez-moi. », et c’est insupportable. En même temps, tu as cette aura. Particulièrement gênante. Celle de ton statut d’incube. Et celle qui t’est propre.

Tu es comme ça. Attirant à ta façon. Une très déplaisante manière. Tu ne le fais pas exprès, j’en suis bien conscient. Et je pense que ça m’agace d’autant plus. Tu rirais sûrement si je te disais ça. Mais peu importe comme il serait méprisant et moqueur, je pourrais t’écouter durant des heures. Tu es comme ça. Même si l’on désire ardemment te tuer, on en devient souvent incapable lorsqu’on te fait face. Lorsqu’on te voit de près. Lorsqu’on plonge dans ton regard carmin. Il est intriguant. Déplaisant et plaisant à la fois. Il est diabolique mais fascinant. Terriblement fascinant.

On en vient à se demander si tu es un meurtrier. Oui, tu l’es. C’est la raison pour laquelle tu te retrouves derrière ces barreaux. Mais peux-tu tuer n’importe qui ? Sans raison ? Je n’en suis pas certain. Lorsque je t’ai vu, pour la toute première fois, t’inquiéter d’une personne autre que toi, j’ai commencé à me poser de plus en plus de question à ton sujet. Non, tu n’es pas un meurtrier comme ils l’entendent. Tu as un cœur. Peut-être pas d’or, et tu ne l’écoutes probablement rarement. Mais il est bel et bien là, derrière ce masque.

Plus je me mets à déblatérer mon avis sur ta personne, et plus j’ai l’impression de m’éloigner du vrai. Je m’embrouille. Tout devient confus. Tu es véritablement agaçant. Peu importe la haine que je te dévoue, je voudrais tout d’abord te connaître davantage. Je veux connaître mon ennemi. Cependant, je ne pense même pas pouvoir te considérer comme tel. Tu es une menace ? Pour qui ? Pas pour moi, en tout cas. Et tu n’en seras sûrement plus jamais une … Je ne saisis pas pourquoi tu n’as jamais essayé de sortir. Ne veux-tu pas connaître la liberté ?

Une énigme, je vous dis ! Un puzzle, un casse-tête, un mystère ! Je n’arrive plus à te voir comme cet être dangereux qu’on décrit. Cet être sans-cœur et sans foi ni loi. Quoique tu ne suis que tes propres règles. Le monde est devenu un échiquier pour toi. Les gens, des pions ? Tu ne m’as pas l’air de vouloir te servir de quiconque. Ils te divertissent, vrai. Mais tu ne les manipules pas. Pas pour autre chose que te divertir. Tu n’utilises personne pour arriver à tes fins… D’ailleurs, quel est ton but ? En as-tu un ?

Je vois le mot mensonge inscrit en lettre de feu sur ton front, mais je t’ai vu pleurer pour de vrai, alors je ne sais plus quoi penser de toi. Quelqu’un saurait-il éclairer ma lanterne ?




Histoire


Visite n°XXX.

Un ricanement retentit soudainement, la voix se répercutant contre les parois de la prison de pierre. Toutes les personnes présentes sursautent, cherchant dans l’immédiat la provenance de ce rire moqueur. Ils n’ont pas besoin de chercher longtemps. La réponse est là, juste sous leurs yeux, et pourtant hors d’atteinte. Deux perles vermeilles les fixent, brillant dans l’obscurité d’une lueur inquiétante. Plus personne n’ose faire le moindre geste, trop absorbés par ces orbes écarlates. Ils retiennent leur respiration un moment, lorsque la voix se fait de nouveau entendre.

« Vous pensez vraiment pouvoir vous échapper d’ici ? Bande de crétins. »

L’un desdits crétins ose s’approcher de ces yeux. Il tend sa torche vers lui, et se met à son tour à ricaner. La petite flamme suffit largement à éclairer ce qui leur fait face, et le propriétaire de cette fameuse voix. Ensorcelante, inquiétante, et paraissant ridicule sur l’instant. Il est là, mains liées, un boulet accroché aux pieds, et derrière des barreaux. Le jeune homme – car oui, c’en est un – n’a pas bien l’air haut, ni bien imposant. On dirait un gamin, pour dire vrai, ce que l’un des messieurs se plait à répéter à tout bout de champ en riant de sa grosse voix.

« Fais pas ton malin, t’es dans la même misère que nous !
- Ouais, sauf que moi, contrairement à vous autres, je ne prends pas de risque inutile et... Je te déconseille d’y toucher… »

Un hurlement suivit son conseil, puis des glapissements de terreur des autres en voyant le corps inanimé au sol. Les barreaux de sa prison semblent chargés en magie destructrice, et surtout mortelle. Le prisonnier ricane de nouveau, sa voix partant dans les aiguës tant il s’esclaffait. Il se mit à se rouler par terre, se tordant encore et toujours de rire, recouvrant les insultes et menaces de ceux qu’il juge n’être que des idiots. De nouveaux cris retentissent, et lui ne s’arrête de rire que lorsque le nouvel arrivé lui adresse la parole. Il se redresse, un sourire moqueur sur les lèvres.

« Qu’as-tu encore fait… Helden ?
- Je les avais prévenus ! C’est étrange comme personne ne m’écoute, ici… »

L’accusateur pousse un long soupir d’exaspération, osant tout de même s’approcher de la cellule spéciale. Le prisonnier fait de même, dans le sens inverse. Il s’approche des barreaux qui l’empêchent de s’en aller, qui le privent de toute liberté. Il tend la main, la passe entre deux piliers, cherchant à l’atteindre. A le toucher. Mais jamais il n’y parvient. Un simple effleurement, et c’est la mort assurée. Il le sait pertinemment, et ça ne l’empêche pas de le faire tout de même. Un dernier ricanement franchit ses lèvres, tandis qu’il tombe dans l’inconscience, ses paupières se refermant sur la silhouette de l’homme avec lequel il discutait, transportant les crétins ayant tenté une évasion vaine.

« Tu es le plus imbécile de tous… »

Visite n°XXX.

Il y a de l’agitation, non-loin de sa prison. Curieux, il lève la tête, cherche dans l’obscurité un quelconque signe qui puisse le mettre sur la voie, mais tout ce qui s’étend devant lui n’est que ténèbres. Après un profond soupir témoignant de l’ennui qui l’habite, il se recouche, tournant le dos aux barreaux. Mais sa position ne l’empêche aucunement de percevoir des bruits de pas, de plus en plus près. Il garde pourtant les yeux fermés, même lorsqu’ils s’arrêtent devant sa cellule. Durant de longues minutes, il n’y a rien d’autre que le silence, l’atmosphère est lourde. Pas que ça le dérange !

« Dis… Pourquoi tout le monde me dit de ne pas t’approcher ? »

Il s’agit de la voix d’un enfant. Difficile de savoir si elle appartient à une petite fille, ou bien à un jeune garçon. C’est un gamin, c’est tout ce qui importe. Bien qu’il ne se retourne pas, qu’il ne le voit pas, Helden sait que l’enfant attend patiemment une réponse. Personne ne s’est jamais intéressé à lui. Il y a de quoi, il ne s’en offusque pas. Alors forcément, lorsqu’un gamin vient lui parler sans trouver ça étrange, lui se pose de sacrées questions. Après avoir gardé le silence tout ce temps, il se décide à ouvrir la bouche.

« Qui est ce « tout le monde » ?
- Les autres prisonniers. Il n’y a qu’eux qui te connaissent, apparemment…
- Tu devrais peut-être les écouter.
- Pourquoi… ? »

Voilà pourquoi le brun n’aime pas les enfants. Ils n’écoutent jamais ce qu’on leur dit, n’en font qu’à leur tête, et sont bien trop curieux à son goût. En gros, ils sont exactement comme lui. Dès qu’il eut approché, il a perdu toute envie de jouer. Alors en grommelant pour la forme, se redressant et se tournant vers le gnome, il lui lance un regard noir, pour lui donner envie d’aller voir ailleurs s’il y est. Mais ça n’a pas le moindre effet contre lui. Ce lui qui est peut-être un elle. Il ne sait et s’en fiche royalement.

« Pourquoi crois-tu que je sois emprisonné ?
- Tu as fait des choses que tu n’aurais pas dû.
- Exactement. Et pourquoi crois-tu que personne ne me rend visite ?
- Parce qu’ils pensent tous que tu es très vilain…
- Et je le suis. Maintenant que tu as saisi, va-t’en.
- Tu mens ! Tu n’es pas aussi méchant que tu le dis… Je le sais, moi. »

L’enfant semble sur le point de pleurer, de petites larmes perlant aux coins de ses yeux, et ses lèvres formant une petite moue mécontente. Helden se met à contempler ses prunelles durant de longues minutes, sans piper le moindre mot, et sans esquisser le moindre geste. Il n’a pas la volonté de le contredire, ou de le nier. L’enfant pose au sol sa lanterne et se masse l’épaule sans pour autant briser le contact visuel. Il compte rester ici ? Etrangement, l’idée ne lui déplait pas tant que ça. Il est ici depuis tant d’année qu’un peu de compagnie ne peut pas lui faire grand mal.

« Pourquoi es-tu venu jusqu’à moi ?
- J’ai entendu ta voix m’appeler, alors je suis venu. »

Visite n°XXX

Ils avaient passé tant de temps ensemble, depuis ce jour. Le large sourire innocent d’Ephrem – car tel est son nom – lui avait réchauffé son pauvre petit cœur glacé. Il lui donne envie d’être lui-même plutôt que ce que les rumeurs disent à son sujet. Helden s’est amusé à lui expliquer comment sa prison était conçue. Qu’il n’a jamais faim, rarement sommeil, et que le temps passe bien plus vite pour lui que pour les autres. Et aussi qu’on ne doit jamais toucher aux barreaux de sa cage, ces derniers étant ensorcelés. Quiconque y touche perd la vie.

Il se souvient aussi avoir été profondément touché en voyant Ephrem en larmes alors qu’il venait de rendre l’âme par accident. Lorsqu’il a repris connaissance, des heures plus tard, le jeune garçon était toujours là. Il lui jura de faire plus attention à sa « précieuse vie » - d’après lui, elle l’était. Il lui expliqua aussi rapidement son pouvoir. Ce qui l’empêchait de mourir pour de vrai. Bien qu’il ait l’air sacrément suicidaire, le brun n’avait pas la « volonté » d’abandonner. Et tant qu’il ne l’aura pas, il reviendra toujours.

« Qu’est-ce que t’as encore foutu, bordel ! »

Mais aujourd’hui, ce n’est pas Ephrem qui vient lui rendre visite. C’est ce grand gaillard de blond. Ce geôlier au sang chaud. Sans doute son jouet favori. Si facilement irritable… Mais là, il ne comprend pas ce qu’il se passe. Rampant jusqu’aux barreaux de sa cellule, il dévisage l’homme. Celui-ci se contente de vociférer mille et une insulte et promesse de mort à son encontre. Rien qui sorte de l’ordinaire, en soi, si ce n’était pas aussi impromptu. Helden n’avait rien fait qui lui attire ses foudres. Tout du moins, rien de plus que d’habitude.

« Tu t’en prends aux gamins, maintenant ?!
- Pardon ?
- Tu crois qu’il va réussir à faire quoi ce gosse ? Te sortir de là ? Il va juste réussir à se tuer !
- De quoi est-ce que… »

Il ne peut parler que d’Ephrem, c’est évident – mais le temps que l’information lui monte au cerveau, les secondes défilent. Maintenant qu’il sait, il panique. Il ne panique jamais – il n’a jamais eu aucune raison de paniquer à ce jour, ou pas à son souvenir en tout cas. Poussant sur ses deux jambes, il se lève, faisant fièrement face à son geôlier bien que les barreaux les séparent. Il serre discrètement les poings, le peu de lumière qu’apporte la torche du visiteur inattendu le lui permettant.

« Ephrem va bien ?
- Qu’est-ce que ça peut te faire ? Ecoute moi sale bouseux, t’as pas intérêt à imp-…
- Je te demande s’il va bien !
- … Oui. Il est juste sous surveillance pour le moment, mais il ne va pas être puni parce que ce n’est qu’un gamin. Et c’est pour cette raison que… »

Mais déjà, le détenu n’écoute plus. Ses fesses retrouvent rapidement le sol. Il soupire de soulagement, passant une main dans ses longs cheveux. Ce n’est que lorsqu’il n’entend plus le moindre son parasite qu’il daigne relever la tête pour planter son regard dans les billes noisette de son vis-à-vis. Il arbore une mine inquiète. Ça n’a pas le moindre sens, mais c’est pourtant bien là. Comme le nez en plein milieu de la figure – ce qui semble manquer à Voldemort et Malthazar.

« J’te comprendrais jamais, Helden. »

Le susnommé ne prend pas la peine de répondre ou même de relever, suivant ensuite du regard la silhouette de l’étrange personnage disparaître dans les ténèbres, le laissant ainsi seul avec ses pensées, et ses inquiétudes. Il n’arrive pas à croire que cet enfant ait tenté un truc pareil, bien que si on y pense sérieusement, ça lui ressemble beaucoup d’aller si loin sans qu’on ne lui ait demandé quoique ce soit. Il se mord fortement la lèvre inférieure en se recouchant, attendant en silence sa prochaine visite.

Visite n°XXX.

Encore cette agitation. C’était pareil, la première fois qu’Ephrem est venu le voir. Il espère que cette fois encore, tout retournera dans le calme. Il n’est pas particulièrement plaisant. Juste habituel. Sauf que le bruit se rapproche de lui. Des bruits de pas rapides. Des hurlements, aussi. Ainsi que des bruits de coups tirés. Une bien déplaisante détonation suivit d’un éclat d’une voix bien trop familière à son goût. Il se redresse lentement, et voilà qu’il l’appelle en hurlant, ce qui le fait se retourner vivement.

« HELDEN ! »

Ce dernier ne comprend plus rien. La scène qui se déroule devant ses yeux semblent totalement irréelle. Elle ne peut pas être vraie. Tout s’enchaîne rapidement. Beaucoup trop vite à son goût. Ephrem arrive en courant, le souffle court et un parchemin dans la main. Il le tend dans sa direction, semblant vouloir le lui donner à tout prix. Le détenu tend la main à son tour, la passant entre ces maudits barreaux, dans l’espoir d’attraper ce qu’il semble être prêt à donner au péril de sa vie. Ça n’a pas de sens, mais Helden a cessé d’essayer de comprendre.

BANG.

Le temps semble s’arrêter pour l’incube. Ses yeux s’écarquillent comme jamais, ne prêtant même pas attention à toute la lumière présente dans son couloir des ténèbres. Cette détonation, jamais il ne l’avait autant haï qu’à cet instant précis. Ephrem s’écroule juste devant la cellule de son ami. Hors d’atteinte. Horrifié, des larmes de rage et de frustration perlent aux coins de ses yeux tandis que sa mâchoire se crispe fortement. Une flaque rouge se dessine sous le petit corps, prenant un peu plus d’ampleur à chaque seconde. Elle s’étend jusqu’à la cage. C’est tout ce qu’il peut toucher de lui.

« … Idiot, pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi ?! »

Il essaie toutefois d’attraper ce qu’Ephrem voulait lui transmettre, mais le parchemin est réduit en cendres par un des geôliers maîtrisant le feu. Sa main retombe au sol, et il se sent plus vide qu’il ne l’a jamais été. Plus rien ne le touche. Plus rien ne lui parvient. Dans un silence de mort, les larmes roulent sur sa peau. Les ténèbres l’enveloppent à nouveau. Les lumières s’éteignent, les unes après les autres. C’est la panique, auprès des autres prisonniers, dans l’allée éclairée, des mètres plus loin. Helden est coupé de tout. Il est dangereux, disaient-ils, des siècles plus tôt.

« Vous n’étiez pas obligé de le tuer ! Ce n’était qu’un gamin ! »

Ce blond. Encore lui. Sa voix forte lui fait relever la tête, plantant les rubis prenant place au niveau de ses yeux sur les silhouettes floues devant lui. Devant sa prison. Ces fichus barreaux qui l’empêchent de toucher Ephrem. De le prendre dans ses bras. L’air devient soudainement très chaud. Très plaisant, si seulement l’atmosphère n’était pas chargée en haine et en colère. Il se remet sur ses deux jambes, et attrape les barres censées le tuer au moindre effleurement. Il n’en est rien. Ils crépitent. De petits éclairs violacés s’en échappant, autour de sa poigne. Enfin, ils prennent peur.

« Qu’essaies-tu de faire ?! »

Le concerné se contente de lentement pencher la tête sur le côté, dans un signe d’incompréhension. La réponse est pourtant si simple. Ses cheveux se redressent sur sa tête, formant une crinière royale et ténébreuse. Ses ongles se teintent de noir tandis qu’ils s’allongent pour former des griffes. Dans son dos, on voit apparaître des ailes d’une taille respectable comme celles d’une chauve-souris. Derrière ses jambes, sa queue terminant en pique, se balance de droite à gauche. Et comment oublier les plus importants crocs que sa langue caresse avec amusement. Tout inspire sensualité démoniaque. Tout. Mis à part ce regard.

« Vous tuer. Les uns après les autres. En prenant mon temps. N’essayez même pas de me tuer. Vous réussiriez… Quelques minutes. Puis je reviendrais. Et vous égorgerais. Je vous laisserais vous baigner dans votre propre sang. Et je le boirais ensuite. Oui, je me nourrirais de votre sang. Je briserais ces chaînes. Ou devrais-je vous étrangler avec ? Vous faire avaler chaque maillon ? Vous aimeriez ? Moi, j’adorerais vous voir vous tortiller comme les vers que vous êtes. Me supplier à genoux que je vous épargne. Ou que je vous tue plus vite. Que je vous achève. »

Au fur et à mesure qu’il débitait ces délicieuses menaces, les barreaux cédaient sous sa poigne devenue bien trop puissante d’après un des geôliers. Un de ceux qui n’avait pas fui. Etaient-ils allés appeler un shinigami suprême pour s’occuper de son cas ? Alors il allait devoir faire vite, car la situation devenait de plus en plus urgente, là. Helden commence doucement à écarter les barreaux, à se frayer un chemin pour rejoindre l’extérieur de la cellule qui l’a accueilli durant de longs siècles. Le blanc de ses yeux était devenu aussi rouge que ses iris. Il en était méconnaissable.

BANG.

Une balle entre les deux yeux. Il semblerait que l’un des shinigamis suprêmes ne se trouvait pas trop loin. Il venait de piquer l’arme d’un autre pour calmer le prisonnier. Ça eut un effet immédiat. Durant les minutes qui suivirent ce revirement de situation, le corps du garçon fut emmené, les barreaux réparés grâce aux anges protecteurs qui eurent un air de dégoût à la vue de celui qui occupait la cage. Cette dernière fut encore plus éloignée du reste, plongée dans les ténèbres les plus obscures du fin fond d’Ethernity, là où personne n’aurait l’idée de venir le voir.

Quant à Helden, il ne reprit conscience que des jours après. Son subconscient se débattait. Il ne savait plus s’il voulait poursuivre l’aventure, ou s’il pouvait abandonner, maintenant. Ce qui le décida fut les paroles d’Ephrem, le jour où l’incube s’était tué sous ses yeux. Il lui avait dit de vivre. Pour lui. Ils en avaient fait la promesse. Adossé aux barres de sa cage désormais inoffensifs mais bien plus résistant qu’auparavant, il regarde son petit doigt. Celui qui l’avait servi à sceller cette promesse. Est-il du genre à tenir ses promesses ? Franchement, il ne le sait pas lui-même.

« Ephrem... Il y a une chose que je ne t'ai jamais dit. Mon véritable nom. Tu es mort sans le connaître. Tu es mort avant que j'ai pu te demander pourquoi. Pourquoi t'être donné tant de mal pour moi ? Pourquoi tenais-tu tant à ce que je recouvre ma liberté ? Une liberté que je ne désire même pas... »

Visite Almost-Ultime.

Des bruits de bas se rapprochent à une allure lente. Cela faisait bien longtemps que personne n’avait traversé ce couloir connu comme étant celui de la mort. Mais aujourd’hui, il y a cette torche qui éclaire faiblement la zone, chassant les ténèbres d’un crépitement. La lumière vient caresser la peau pâle, privée de soleil depuis des lustres, chatouiller la longue crinière charbon, dont il aimerait se débarrasser sans possibilité de. Il ne cherche pas à connaître l’identité de son visiteur, alors ses prunelles rouges sang restent dans l’ombre, comme son visage. Le visiteur s’assoie dos aux barreaux. Dos à lui.

« Il parait que tu n’es pas si immortel que ça… Les shinigamis suprêmes ont pris un an avant de donner leur décision. Je n’ai toujours pas compris pourquoi ils te laissent vivre. Je n’sais même pas ce que tu fais ici. »

Helden ne répond pas, à aucun moment. Il laisse le blond poursuivre son monologue sans l’interrompre. Ce dernier lui donne des détails sur le Conseil, et d’autres choses qui n’ont pas d’importance à ses yeux. Rien qui puisse suffisamment le préoccuper pour qu’il le retienne. Lorsqu’il sera parti, le brun oubliera tout. Tout ce qui restera gravé dans sa mémoire, c’est sa visite. Que ses pas l’ont conduit jusqu’à lui. Qu’il a pris la peine de venir le voir. Une dernière fois. Car oui, après cette visite, plus personne ne viendra. Condamné à l’isolement éternel. Il n’y a pire, disent-ils.

« C’est la dernière fois qu’on se voit, tu pourrais être plus bavard. Par contre, si jamais par le plus grand des hasards, tu parvenais à sortir de là… Je te retrouverais, où que tu sois. Et je te tuerais de mes propres mains. »

Alors, ce n’était pas réellement des adieux. Son geôlier préféré semble certain qu’un jour ou l’autre, que ce soit demain, dans dix ans, ou dans dix siècles, le détenu brisera les nouvelles chaînes qui l’entravent. Qu’il voudra recouvrer sa liberté. A cette pensée, il eut un rictus, déformant son visage dont l’expression las était marquée. Un profond soupir fut poussé par l’autre, se relevant et étant prêt à quitter la prison, laissant l’incube dans sa solitude quasi-éternelle. Pourtant, lorsqu’il eut fait quelques pas, il eut envie de se retourner. D’imprimer dans son esprit le visage d’Helden. Il s’en alla, content.

Helden lui souriait.


Qui sait, peut-être que son ultime visite sera la vôtre ?


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Le prisonnier vous charme en jesaispasencore
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Helden ▬ Le charmant prisonnier.

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