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☆ Tears of Stars ☆

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AuteurMessage
Helden Masculin Messages : 519
Date de naissance : 10/08/1997
Date d'inscription : 04/01/2013
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Incube
MessageSujet: ☆ Tears of Stars ☆ Mer 20 Fév - 19:30

Chapter One



La vie est pleine de surprise. Il en découle de bonnes et de mauvaises choses. Personnellement, je ne faisais pas de différence entre les deux. Il me suffisait de monter sur le grand chêne dans le jardin de grand-mère, de regarder avec émerveillement la jolie lumière que produisait les rayons du soleil dans le feuillage vert pour oublier les mauvaises choses et repartir du bon pied.
Aujourd'hui aussi, j'avais eu recours à cette astuce. Je filais droit vers l'arrière de la maison de type occidentale que j'aimais tant avec sa couleur crémeuse, rejoignant l'immense jardin. Aucune mauvaise herbe ne gisait entre deux plantations, que ce soit de fraise ou de tomate. Grand-mère s'en occupait chaque jour, je l'aidais à chacune de mes visites et je pouvais parfois déguster de bonnes et grosses fraises ensevelis sous une montagne de sucre en poudre. Elles étaient meilleures une fois sucrées ainsi, du moins c'était mon avis, et heureusement cela n'affectait pas mes dents de laits. D'ailleurs aujourd'hui, j'aurais dû fêter ma neuvième année. J'aurais dû.
Je n'ai pas quitté ce monde, loin de là, je suis justement en train de grimper comme une singette sur l'arbre qui trône au fond du jardin. Ce n'est pas moi qui suis morte, mais mes parents.
Comme à chaque vacances d'été, je séjournais chez ma grand-mère - la mère de mon père - pour me régaler de ses succulents fruits qu'elle cultive, et profiter de l'air frais et pur, me changeant de la pollution de la capitale. Mes parents devaient donc venir me voir pour fêter mon anniversaire en famille et rapporter avec eux mon cadeau. Cependant, tout ne s'était pas bien passé sur la route. Grand-mère n'est pas entré dans les détails en vue de mon jeune âge pour ne pas me choquer plus, donc la seule chose que je sais, c'est qu'ils sont morts dans un accident, et que plus jamais je ne les verrais.
Un jour ou l'autre, leurs visages et leurs sourires si grands et joyeux s'effaceront de ma mémoire. Leurs expressions tendres quand ils me félicitaient après une bonne note à l'école, leurs rires quand je m’empiffrais sous leurs yeux sans retenu, leurs larmes quand ils ont regardé Titanic pour la première fois, toutes ces choses que je juge merveilleuses, elles disparaîtront de mon être au fil du temps. Et je ne me le pardonnerais jamais. Et sans que je ne puisse me contenir d'avantage, je fondis en larme, en haut sur ma branche. Là où l'on ne me voyait pas tandis que moi je pouvais tout admirer. Mes larmes salées ne me plaisaient pas, elles coulaient encore et encore de mes yeux que je fermais fortement dans l'espoir de me réveiller de ce mauvais rêve. C'est vrai, après tout mon formidable papa et ma merveilleuse maman ne pouvaient pas partir comme ça, sans moi, m'abandonnant et me laissant seule au monde ? Non. C'est faux. Même sans eux, je ne l'étais pas, j'avais grand-mère, mes amis, et les étoiles pour me réconforter de cette immense perte dont je prendrais du temps à me remettre. Je sais pertinemment qu'ils refuseraient de me voir me morfondre ainsi, de là-haut, ils veillaient sur moi, je devais donc me reprendre.

Malgré ma superbe résolution, je n'arrivais pas à m'arrêter de pleurer. Je me suis dis que ce n'était pas bien grave, juste aujourd'hui, même si c'est mon anniversaire, je me laissais aller. Grand-mère ne m'avait pas retenue quand je m'étais mise à courir, car elle savait. Elle savait que ça faisait mal, puisqu'elle même venait de perdre son fils. Elle savait où j'allais et pour quelle raison, puisqu'elle venait toujours me chercher quand il commençait à se faire tard et qu'il était l'heure de dîner. Ma grand-mère sait tout, elle est géniale.
A force de pleurer, je me suis fatiguée, assez pour m'endormir en haut de l'arbre, mon corps reposant contre le tronc que je pouvais presque entendre chantonner, me berçant, me protégeant de ses branches plus hautes que celle où je m'étais installée. Dormir m'apaisa corps et âme. Même si mon cerveau ne cessa pas du tout de fonctionner à l'intérieur. Car oui, je rêvais.

Dans mon songe, je n'étais plus ce que j'étais à l'ordinaire. Je m'étais changée en une boule toute rose et toute ronde avec de grands yeux bleus, de minuscules mains et pieds. L'endroit où j'étais ? Je ne le connaissais pas. Tout était très sombre, comme si j'étais dans un lieu souterrain, mais étrangement moderne. Cela ressemblait à une base secrète ultra moderne, munit de plusieurs machines dont je ne savais pas à quoi elles pouvaient bien servir. Une lumière bleue passait encore et encore entre chaque machine, sur le sol aussi, les murs, mais pas le plafond, celui-ci noir complet. Et il y avait moi, qui survolait la zone, je ne sais pas comment, mais je le faisais. Puis d'un coup, sans que je ne le vois venir, il surgit de l'obscurité un être qui me ressemblait - aussi bouboule que moi - mais était tout emmitouflé dans une armure elle même dissimulé sous une longue cape bleu foncé. La seule chose que je pouvais distinguer de lui, c'était sa couleur, le même bleu qui accueillait mes amies les étoiles, ainsi que ses yeux. Ils étaient vraisemblablement les plus beaux que je n'ai jamais vu : ses iris étaient d'un or liquide et son regard était très intense. Seulement je n’eus pas le temps de les admirer d'avantage qu'il me porta un coup de son épée que je ne pouvais que définir d'étrange. Longue, en or, et formée de "dents" sur chaque côté, en tout six, trois d'un côté, trois de l'autre, enfin me semblait-il approprié de le dire ainsi.
A la seconde où l'épée allait me trancher en deux parties nettes, je me réveilla, sortant de ce rêve dont la signification m'échappait totalement. Mais mieux encore, je ne comprenais pas pourquoi je sentais l'herbe sous moi, et la chaleur corporel d'un être qui ne sentait pas le jasmin - c'est-à-dire qu'il ne s'agissait pas de grand-mère - pendant un instant j’eus cru que c'était mon papa, puisque la personne n'avait pas de poitrine. Alors j'ouvris grand les yeux et me tourna. Malheureusement, ce n'était pas celui que je voulais. L'homme plus âgé que moi avait l'air de dormir aussi, ses yeux aux longs cils étaient fermés et il respirait doucement. Il avait l'air paisible, moi j'étais déçue et triste. Il avait de longs cheveux du bleu de la nuit avec quelques petits reflets violets que j'appréciais assez. Ses mèches retombaient sur son visage donc je porta ma main à son front pour les dégager, mais mon geste le sortit de sa torpeur, et ses grands yeux s'ouvrirent sur moi. Ce fut un choc de revoir ces prunelles dorées comme le soleil, je l'observais avec de grands yeux, qui, sans doute, ressemblaient à des soucoupes peintes de bleus.

« J'ai quelque chose sur le visage ? Me demanda-t-il calmement, et en prime j'avais droit à un petit sourire.
- Rien à part la beauté ! M'exclamais-je en riant joyeusement, comme si rien n'avait eu lieu plus tôt. Comme si mes larmes n'étaient qu'un souvenir lointain.
- Merci pour le compliment. » Sa main s'approcha de mon visage et y essuya quelque chose que je déduis être une larme restante. Ce garçon avait l'air vraiment gentil, et si calme ! Tout mon contraire. Enfin bien sûr j'étais très gentille, je n'avais jamais fait de mal à personne et ne comptait pas le faire. J'aidais toujours dès que je le pouvais, mais je n'étais pas idiote au point qu'on me refile les corvées de nettoyage à l'école. On avait bien essayé, mais j'avais refusé poliment, comme ma maman me l'avait apprit.. Mais à partir de maintenant, elle ne m'apprendrait plus rien. Je ne pourrais plus lui montrer avec fierté mon énième dix sur dix. Je ne pourrais plus lui demander son avis sur telle ou telle tenue que mon papa m'avait acheté. Lui non plus, il ne me dirait plus rien. Tout partait aux oubliettes, comme les souvenirs finissent par s'évanouir avec le temps.
J'avais très mal à la poitrine. Je posais mes mains contre mon cœur, et serrais le plus fort possible, me mordant la lèvre inférieur en tentant de ravaler mes larmes que je ne pensais pas revenir aussi vite après en avoir versé tellement tantôt. Soudain, le jeune garçon me serra contre lui, comme s'il avait deviné mon chagrin, sans doute faisais-je des grimaces aussi. Sa chaleur me réconforta, je me blottis un peu plus dans ses bras, je m'y sentais bien et en sécurité, un peu la même sensation que celle que je ressentais quand je me mettais dans les bras de papa, mais cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent que je ne saurais décrire. Après tout, je n'avais que neuf ans tout juste.

Nous sommes restés comme ça le temps que je me calme, puis il m'a porté sur ses épaules jusque chez grand-mère. Quand elle a ouvert la porte, elle ne sembla pas surprise de me voir avec cet inconnu, ainsi je pensais qu'il n'en était pas un. J'étais très fatiguée, alors je n'ai pas suivis leur conversation. Ils m'ont déposé dans mon lit à l'étage, mais j'ai demandé au jeune garçon de rester avec moi jusqu'à ce que je m'endorme. Ni lui, ni grand-mère n'y vu un inconvénient, c'était certainement le seul cadeau d'anniversaire qu'ils pourraient m'offrir. Et comme je l'avais demandé, il est resté jusqu'au bout.

Le lendemain, il se trouvait dans le jardin de grand-mère, au même endroit où je l'avais rencontré, sous l'arbre, en train de regarder les feuilles. Peut-être faisait-il comme moi, je ne savais pas. Et pendant que je l'observais de ma fenêtre, grand-mère l'appela pour le petit-déjeuner. Donc il n'était pas n'importe qui, et j'en étais contente : je le verrais encore un petit peu.
En tout cas, je m'étais calmée, même si la douleur restait vive dans mon cœur et que j'avais encore du mal à comprendre ce qu'il s'était passé la veille, je descendis les rejoindre dans la salle à manger avec mon sourire habituel. C'est là que j'ai appris que monsieur l'inconnu s'appelait enfaite Hakuoro, mais que grand-mère et moi avons rebaptisé Haku pour faire plus simple. On ne m'a pas dit pourquoi il était là, mais je n'avais pas demandé non plus.
Chaque jour je le passais entre grand-mère et son jardin, la maison à nettoyer, les plantations, et le reste avec Haku qui jouait avec moi. Comme je l'avais pensé au début, c'était un jeune garçon très gentil, très calme, et en plus il était serviable, ne refusant jamais ce que grand-mère lui demandait. Je l'aimais beaucoup et cela semblait être réciproque.

Mais les vacances touchaient à leur fin. Étant donné que mes parents avaient trouvé la mort avant que je ne sois majeur, je dû rester avec grand-mère, et l'on m'a inscrit à l'école locale. Mais Hakuoro, lui, devait repartir. Et étrangement, le jour de son départ, son au-revoir me parvenu plus comme un adieu solennelle.

« Au revoir, Suika ! »
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MessageSujet: Re: ☆ Tears of Stars ☆ Mer 20 Fév - 19:31

Chapter Two


Le temps ne s'arrête jamais de passer. Et pourtant, aussi inévitable que cela puisse paraître, le passé nous rattrape toujours à un moment. Que ce soit dans le monde réel, que les autres mondes auxquels nous n'avons pas tous accès. Le monde des songes est celui qui m'occupe pour le moment. Tout autour de moi semble si réel que je n'ai pas l'impression d'être dans un rêve. La maison de grand-mère est là, toujours aussi belle, toujours aussi beige. Son jardin aussi, avec les plantations. Et mon bel arbre, malgré les années, il tient. Fier, immense, majestueux. Comme si le temps n'avait pas d'emprise sur lui mais je sais qu'un jour viendra où il tombera. Et ce jour, je ne veux pas le voir, je ne veux pas le vivre, j'ai tellement besoin de cet arbre. Sans lui, je passerais ma vie à me morfondre, renfermée sur moi-même alors qu'il y a tant de choses et de gens à connaître. Et derrière le chêne que j'aimais tant, il y avait la forêt. Je ne m'y étais jamais aventurée, malgré que les arbres soient tous des cerisiers et qu'au printemps - maintenant - les fleurs étaient d'un magnifique rose qui attirait l’œil. Je m'étais toujours refusée d'y entrer à cause de la mauvaise odeur qu'elle dégageait. Elle n'était pas perceptible pour tous, c'était une odeur de malveillance. Je crois bien que j'en avais peur en fait. Seulement, dans ce songe, il y avait une personne devant ces bois. Petite, elle avait des cheveux mi-longs, lisses, et noir de jais. Une couronne de perles écarlates ornait sa tête, au bout une étoile pâle comme le clair de lune pendait comme un pendentif. La seule chose que je remarquais bien chez elle, c'était ses iris d'un rouge inquiétant. Son petit sourire en coin ne me disait rien qui vaille, cependant j'allais la voir comme elle me le demandait d'un signe de la main. Les vêtements qu'elle portait était si étrange pour moi, comme si elle ne venait pas de cette époque, de ce monde oserais-je dire. Son long manteau gris foncé terminait en queue de pie, s'ouvrait devant au même endroit où ses jambes fines et petites commençaient, recouvertes d'un petit short et d'un collant noir. A ses pieds, elle portait des bottes blanches qui dessinaient bien ses mollets et ses chevilles. Les lacets zigzaguaient le long de la botte pour se finir en nœuds propres au bout de ses chevilles. Tout son être ne m'inspirait pas confiance, c'est à peine s'il ne me glaçait pas le sang. Même si elle semblait fragile et sur le point de se briser au moindre toucher, elle me faisait clairement froid dans le dos.
Mais je n'en tenus absolument pas compte, et mes pas me conduisirent tout droit à elle, sans la moindre hésitation, je pris la main qu'elle me tendait dans un geste naturel. Sa peau était si froide, comme celle d'un vampire, celle d'une personne ayant quitté ce monde, ou proche de ce moment. Sauf qu'elle semblait être en parfaite santé, et la température ne me semblait pas être assez basse pour être aussi gelée. En même temps, comment pourrais-je définir la température d'un rêve ? C'est impossible voyons.
La petite fille n'attendit pas plus longtemps avant de m'entraîner avec elle à l'intérieur de la forêt, alors que jamais encore je n'y avais posé un pied. Son sourire s'était agrandit, au fur et à mesure que l'on s'enfonçait à l'intérieur. Je porta mon regard derrière moi et déjà l'entrée ne m'était plus visible. Soudainement elle s'arrêta alors je fis de même et observa l'arbre assez différent des autres. Oui car ce dernier, bien qu'il soit également un cerisier, avait les racines en dehors de la terre, et elles formaient un petit pont où l'on pouvait passer en-dessous. Et elle, relâchant ma main, s'approcha de ce petit pont, ce semblant de porte, et glissa ses mains dessus avant de passer tout simplement en-dessous en riant, avant de disparaître. Intriguée, je l'ai suivis, et à peine avais-je passé ma tête que tout devant moi était différent. Il n'y avait plus de forêt, mais bien une ville. Pas n'importe laquelle ! C'était une ville de l'ancien temps, de style moyenâgeuse. Cela concordait parfaitement avec les vêtements de la fille. D'ailleurs, où était-elle passée ? Elle m'avait amené à cet endroit sans rien me dire, et me laissait seule. Mais dans un rêve, il n'y a pas la moindre logique, n'est-ce pas ?

Alors dans ce songe, ce n'est pas si anormal de recroiser de vieux amis. C'est tout à fait concevable de retrouver chez un autre les mêmes traits physiques d'un autre. De revoir après tant d'années le même doré que le soleil dans les yeux de cet homme. Le même bleu semblable au ciel nocturne dans les cheveux, si longs, de cet homme. De retrouver cet air presque indifférent, ce petit sourire qu'il arbore de temps à autres à certaines personnes qu'il trouve gentilles. Ni même de recroiser son regard et d'y voir de nouveau de la tristesse, et surtout : de la solitude.
Quoique l'on m'en dise, il était impossible que je me trompe. Cet homme que j'avais à quelques mètres de moi seulement ne pouvait-être que lui.. Et sans même que je ne me rende compte, mes jambes s'étaient activées d'elles-mêmes pour s'avancer rapidement, presque en courant, vers cet inconnu pas si inconnu que ça.. Je lui agrippai le bras pendant qu'il déposa son magnifique regard d'or liquide sur moi.

« Hakuoro ! » M'étais-je écriée avec des yeux si grands ouverts qu'une fois encore, ils ressemblaient à des soucoupes.

Mais ce moment ne dura pas, car tout rêve à une fin, et souvent pas au bon moment. Une douleur me fit sortir de là, bien que l'envie n'y était pas, et me fit ouvrir de lourdes paupières et qu'un son, voir plusieurs différents, me parvinrent. Sans aucun doutes, il s'agissait de rires, ainsi que de la voix de mon tant aimé professeur de mathématiques. Pour la énième fois, je m'étais endormie sur mon cahier sans prendre la moindre note ! Cela ne m'étonnait même plus de recevoir le coin du carnet du professeur sur la tête pour me sortir de ma torpeur. Je leva vers lui une tête grimaçante qu'il n'eut pas l'air d'apprécier.

« Mademoiselle Suika, il serait peut-être temps que vous appreniez les bonnes manières. Je ne suis pas sûr que votre grand-mère vous ait apprit à vous endormir en classe et à.. »

Blablabla. Il ne s'arrêtait donc jamais de jacasser ? Il m'en filait la migraine. Le pire, c'était qu'il me ressortait toujours le même discours, à croire qu'il l'avait écrit à l'avance juste pour ce petit moment. J'avais beau acquiescer à chacune de ses paroles, je n'en écoutais pas un traite mot ! Non, j'étais à mille lieu d'ici, toutes mes pensées étaient tournées au même endroit : la forêt derrière la maison de grand-mère. J'ai toujours senti qu'elle dégageait un mystère important, auquel je ne souhaitais pas m'approcher, y apprendre quoique ce soit car c'était un mauvais coin, quoique que les cerisiers semblaient dire le contraire. Mais actuellement, j'étais un peu perdue. Ce rêve, je sentais que je ne l'avais pas fait par hasard, qu'il était là pour me guider de la même façon que les étoiles lorsque je rentrais chez moi en hiver à des heures normalement encore ensoleillées en été.

Cette forêt m'intriguait tellement que je n'ai pas arrêté d'y penser, et que je n'ai suivis aucun de mes cours, sauf le dernier de la journée, parce qu'un évènement que je n'avais pas vu venir me tomba dessus. Le vieil homme qui me servait de professeur principal venait de prendre sa retraite, et par conséquent, nous allions en avoir un nouveau. Dans un sens, cela n'avait rien de catastrophique, c'était juste un élément du décor auquel je n'appartenais que si peu. Pourtant, lorsque l'homme franchisai le seuil de la porte pour se poster devant toute la classe, je ne pu me dire qu'une chose : il n'était pas normal.
Sa marche plutôt assurée jusque là s'était terminée en un rattrapage de justesse pour ne pas se ramasser par terre - ce qui avait eu pour effet de faire rire la galerie. Et lui, n'eut même pas l'air énervé de ça, c'était même le contraire. On aurait pu dire de lui qu'il était juste un professeur assez naïf et coincé, mais je le sentais, là dans son regard semblable aux pétales d'un lys, il y avait tout, sauf de la naïveté. Ou n'était-ce que de la paranoïa de ma part ? Ce n'était pas une hypothèse à écarter. Cependant, ses yeux semblaient comme.. éteints, presque sans vie, et emplis d'une certaine solitude qui me rappelait Hakuoro.
Je n'ai toujours pas compris la raison d'un tel regard. Il avait l'air si seul que je n'avais jamais envie de le laisser. Je souhaitais rester à ses côtés pour le faire sourire, rire à quelques occasions, et voir cette étincelle dans ses yeux topazes qui sauraient ainsi me soutirer un énorme sourire digne de la gamine que j'étais. Enfin, je ne l'étais plus vraiment, six années se sont écoulées depuis ma rencontre avec Hakuoro et souvent mes pensées étaient tournées vers sa personne.
Mais ce jour-là, j'étais bien plus concentrée sur l'homme face à moi - et face aux autres élèves - avec des cheveux curieusement roses. Pour moi, cela n'avait rien d'étrange, puisque je les avais moi-même de cette teinte, et c'est du naturel ! Quant à lui, je me pose la question. Rien n'indique qu'il se soit fait une teinture et, son allure, sa façon de parler en balbutiant un peu, sa maladresse, il n'avait pas l'air de vouloir se démarquer des autres. C'était donc naturel pour lui aussi. Mais son regard sombre trahissait une âme plus noire qu'il ne laissait y penser. Ou bien alors je devenais complètement paranoïaque depuis l'étrange rêve que j'avais fait quelques heures plus tôt.

Pendant sa petite présentation où les rires fusaient dans tous les sens, je ne faisais que l'observer de haut en bas, comme cherchant sur lui une imperfection, un indice qui confirmerait mon intuition. Pas une seule fois nos regards se sont croisés, et si cela se produisait, je sentais venir de lui un frisson désagréable et une certaine peur qui m'envahirait. Du moins en étais-je convaincue. J'ai fixé ses lèvres qui bougeaient lorsqu'il faisait l'appel afin de se souvenir de chacun des noms et des visages de la classe. Quand il arriva à moi, je le vis hésiter. Ce n'était mon nom qui était dur à prononcer, il était plutôt basique et banal même, et pourtant, lui y trouvait de la difficulté. Je le nota malgré moi et garda ça dans un coin de mon esprit alors que cet homme s'approcha de ma table - sérieusement, comment avait-il fait pour savoir qu'il s'agissait de moi s'il n'arrivait pas à dire mon nom ? Son regard devint encore plus sombre. J'avais raison, ce frémissement que j'avais prédis, il s'empara de tout mon corps. De l’effroi. Je me sentis tressaillir au moment où un sourire s'afficha sur ses lèvres : il s'éloignait de loin du gentil petit professeur naïf d'il y a quelques instants. Il avait l'air plus sûr de lui, avec une pointe de sadisme. Il se pencha vers moi et je redoutais déjà ce qu'il allait dire..

« Mademoiselle, tout le monde vous attend, venez vite. Me chuchota-t-il de façon à ce que je sois la seule à l'entendre. Ensuite, il se redressa et arbora cette face d'idiot qui lui allait peut-être bien mieux. C'est bien vous Mademoiselle Suika Kinomoto ? »

J'ai acquiescé, et l'échange s'en ait terminé à là. Personne à part moi n'avait vu ce sourire, ou encore n'avait pensé que c'était étrange qu'il sache qui j'étais avant d'avoir terminé l'appel. Ils étaient plus occupés à rire entre eux en même temps. Était-ce vraiment si différent de la capitale ?
Mais plus important encore. De quoi pouvait-il bien parler en disant « tout le monde vous attend ». Qui m'attendait, où ça, et dans quel but ? Qu'il soit apparu ce jour précis ne me paraissait plus comme étant une coïncidence. Tout comme dans mon rêve, je devais me rendre à cette forêt qui évidemment se situait juste derrière ma maison, et retourner dans cet autre monde. Je devais voir le bon côté des choses : j'avais une bonne chance de revoir Haku ! A cette simple pensée, je retrouvai mon sourire et ma détermination sans failles. Je n'avais plus qu'à me préparer à ce voyage..

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouvais dans ma cuisine après avoir terminé ce cours qui me paraissait si long à surveiller chaque fait et geste de ce nouvel enseignant dont je n'avais même pas mémorisé le nom. Et enfin, je pouvais m'emparer de la dernière part de gâteau que j'avais fait la veille avec grand-mère. Il ne m'en avait pas fallu beaucoup de temps pour le terminer ! Au moins cela prouvait qu'il était bon. Pendant que je me régalais de ce met, je cherchais ma gentille grand-mère à travers la maison, puis décida de regarder dans le jardin où elle se trouvait à arroser ses chères plantations. Je l'interpella et elle posa son arrosoir.

« Grand-mère, j'aurais besoin de toi !
- Pour quoi donc ma chérie ? Sa voix si douce m’apaisait beaucoup. Seulement, pouvais-je lui parler de tout ce qui m'était arrivé et ce qui allait sûrement survenir plus tard sans l'inquiéter autant de mon état de santé que du reste ? J'optais pour une approche plus subtile.
- Eh bien.. J'ai un voyage à faire, très important pour moi grand-mère, tu comprends ? Ses yeux s'agrandirent comme si elle venait de prendre conscience d'une chose importante.
- Ma chérie, il est déjà temps ? Les années sont passées si vite..
- Grand mère ?.. Que veux-tu dire ?
- Rien du tout ma chérie. Pour ce voyage, tu as besoin d'affaire n'est-ce pas ?
- Euh oui.. Comme pour tout voyage.
- Très bien, je vais te donner de nouveaux vêtements qui te serviront bien ! »

Je sais qu'à un moment donné, je vais paraître vraiment paranoïaque mais là, j'avais la nette impression que ma grand-mère savait exactement où j'allais. Cette idée se renforça d'avantage au moment où elle me présenta l'unique tenue que j'emporterais avec moi. Je pouvais le dire : c'était la réplique exacte de la tenue de la fille de mon rêve. Seules les couleurs changeaient et j'avais droit à un petit foulard en plus. avec ça, je serais rose de la tête au pied, avec du jaune, et du rouge. Bien plus coloré que la miss ! Par contre, mes bottes étaient plus courtes.
Tout ceci n'était pas une coïncidence. Et si je ne me trompe pas, grand-mère savait aussi qu'Hakuoro ne venait pas de ce monde à l'origine. Alors pourquoi être venu ici ? Et aussi, pourquoi est-ce que cet homme se faisant passer pour un enseignant était venu me chercher ? Trop de questions sans réponses. Je n'avais qu'une chose à faire pour en trouver les réponses.
A peine eu-je terminé de me vêtir que j'attrapais à la volée un petit sac avec quelques friandises et autres et je sortais de la maison à la hâte. Grand-mère me salua de la fenêtre, je pris le temps de le lui rendre avant de m'enfoncer à nouveau dans la forêt. Tout était semblable à mon rêve à l'intérieur, à une exception près. A l'intérieur de mon songe, l'aura de ce lieu n'était pas visible, or dans le monde réel, elle était bien plus que présente. Sombre et épaisse, elle me repoussait, j'avais du mal à avancer et à m'approcher de l'arbre qui permettait de se rendre dans l'autre monde que je ne saurais nommer.
Depuis enfant, je vois des choses que les autres ne voient pas, tout comme cette aura menaçante qui m'avait toujours retenu loin de cette forêt. Parfois, ça allait plus loin que de simple aura, mais qu'importait pour le moment : je savais pertinemment que je n'étais pas normale.

En me souvenant de ce que grand-mère m'avait dit en me donnant cette tenue, j’attrapai l'étoile sur ma tête et la serra dans ma main en l'appelant mentalement à mon aide. Ça avait peut-être l'air ridicule comme ça, mais j'ai toujours pensé que les étoiles étaient mes amies. Ce n'était pas une divagation enfantine, c'était une réalité qui prenait forme en ce moment même. Un rayon lumineux traversa l'aura ténébreuse et s'y fraya un chemin afin que je puisse y pénétrer. Comme un tunnel où les murs étaient des étoiles, des millions d'étoiles scintillantes qui étaient là pour m'aider. Tout en pensant à la personne que je souhaitais plus que tout retrouver, je passais sous le pont que j'avais enfin atteint. Mais cette fois-ci, je n'étais pas directement dans la ville, mais pas très loin de l'entrée. A l'orée du bois plus précisément.
Je serra les poings et m'avança, déterminée à retrouver Hakuoro et lui poser diverses questions, afin de comprendre ce lieu, ce que je faisais ici, pourquoi l'on m'avait appelé, qui m'appelait, et la raison de sa venue en mon monde. Trop de questions sans réponses.
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Chapter Three


L'hiver avait beau être terminé depuis un moment, le printemps avait beau être arrivé depuis un moment, là où j'étais, je ne ressentais rien d'autre que le froid. Le moindre souffle se transformait aussitôt en nuage de vapeur. Jetant un coup d’œil à mes bras, je remarquais que j'avais la chair de poule. Levant mon regard plus haut, à la petite fenêtre barrée, de là où le vent s'infiltrait, je le sentais, il s'insinuait sous mes vêtements et me faisait frissonner. J'avais mal aux fesses à force de rester assise sur ce sol dur et froid ! Je me frictionnais les bras en me remémorant les derniers évènements passés, ce qui m'avait amené ici, dans ce cachot dans la grande tour du château appartenant au roi du pays où j'étais. A peine avais-je posé un pied sur ce nouvel endroit dont je ne connaissais strictement rien ni personne, que deux hommes en armures qui ne laissaient voir aucune parcelle de peau m'attrapaient les bras, m'empêchant de me débattre, et m'emmenèrent directement là où j'étais sans me donner la moindre explication. Lorsqu'ils m'ont jeté sauvagement à l'intérieur de la cellule, j'ai hurlé à plusieurs reprises afin que l'on me donne ne serait-ce qu'une toute petite information à ma venue ici, non désirée bien entendue. Un garde s'est approché de moi et m'a dit, tout bas pour que je sois la seule à entendre, que j'étais là pour un crime très grave. Et il a tourné les talons, aussi simplement. Quel crime aurais-je pu commettre ? La seule chose que j'ai fait, c'est apparaître soudainement dans leur monde après être passée sous la porte dimensionnelle qui se trouve être les racines d'un arbre au milieu de la forêt à côté de ma maison. En quoi est-ce un crime ?
Mais je n'ai pas eu droit à une quelconque réponse. Jusqu'à maintenant. Ce n'était pas de cette façon que je pourrais retrouver la personne que je cherche tant et qui est ma raison directe pour être venue m'aventurer dans ce monde. Plongeant ma tête dans mes bras posés contre mes genoux repliés vers moi, j'imaginais nos retrouvailles. Son visage surprit. Cette lueur de vie dans son regard. Son sourire. Puis ses mains froides passant dans ma chevelure rose comme à son habitude.
Je n'eus pas le loisir de poursuivre ma rêverie qu'un autre garde m'interpella.

« Le Roi désire te voir. »

Pour le moment, je voyais ça comme une aubaine, en espérant que ce ne soit pas pour me condamner et m'exécuter le jour suivant. J'avais vu ça tellement de fois dans les livres comme les films que j'y croyais fortement. La porte de ma cellule s'ouvrit et l'on m'attacha les mains pour m'éviter toute tentative de fuite ou autre avec des menottes grosses et lourdes. Un soupir m'échappa alors que j'étais traînée jusqu'à la salle du trône, après avoir descendu le plus long escalier de toute ma vie. J'espérais ne pas avoir à le remonter, pas une seconde fois, j'en étais morte de fatigue. Deux grosses portes étaient face à moi, on m'avait dit de les pousser, et de m'avancer jusqu'aux petites marches, devant le trône, devant sa majesté le roi Ahiru. J'avais une soudaine appréhension à cette rencontre. Une goutte de sueur froide roula sur ma tempe, je déglutis et posais mes mains sur le battant de la porte afin de la pousser. Ma tête se fraya un chemin dans l’entrebâillement et mes yeux balayèrent la salle. C'était vraiment vide ce genre de pièce. Il n'y avait rien d'autre que le trône du Roi - où il était assit à me regarder avec un sourcil levé - et celui à ses côtés, vide. De toute évidence, il n'avait pas de reine. Pauvre Roi !
Le reste de mon corps suivit ma tête et me voici à l'intérieur de la salle. Je n'ai fait qu'un pas. Je l'observais de loin, et il faisait de même. Sa posture laissait penser qu'il n'avait rien d'un roi. Totalement avachi sur son trône, le dos courbé, la tête reposée contre son poing, son coude sur l'accoudoir. Ses cheveux d'un étonnant bleu clair attaché en une vulgaire queue de cheval. Par contre ses vêtements me firent écarquiller les yeux. Je devais me poser la question. Sommes-nous au Japon ? Est-ce un monde parallèle à la Terre ? J'étais de plus en plus perdue. Les mêmes chaussures que nous portons avec des kimonos. Et ses habits c'est.. La mode originel des samouraïs. Mais en plus de cela, il a évidemment la longue cape rouge à fourrure blanche posée sur son dos pour montrer sa royauté ! Ainsi qu'un bonnet en guise de couronne ? Avec un pompon au bout.. Il s'est prit pour le Père-Noël ? Cette pensée me fit pouffer de rire, et lui se racla la gorge pour avoir toute mon attention.

« Hm hm. Je ne pense pas que tu sois en position de rire jeune.. mendiante !
- Men.. mendiante ? Le mot était mal passé.
- Je ne t'ai jamais vu dans le coin, es-tu une étrangère ?
- Eh bien.. En quelques sortes.. Votre Majesté. Qui sait ce qu'il risquait de faire si je n'utilisais pas les formules de politesses.
- D'où viens-tu ? Je suis très curieux à ton sujet. L'exploit que tu as accomplis est impressionnant.
- De quel exploit parlez-vous ? Ma curiosité était piquée à vif.
- Ce que tu as fait dans la forêt voyons ! En aurais-tu fait tellement de ce genre que tu ne te souviens même plus du plus récent ? Mes gardes t'ont arrêté pour cette raison. »

Je ne voyais absolument pas de quoi cet homme pouvait bien me parler. Ce crime que j'avais commis, quel était-il ? Maintenant, l'on me parlait d'exploit. Décidez-vous à la fin !

« Votre seigneurie aurait-elle l'amabilité de me dire ce que vous entendez par "exploit" ?
- Quelle enfant ! Tu as détruis une bonne partie de la forêt en un instant ! J'avoue avoir été très impressionné par ta force, et je me demande ce qu'elle cache encore. Ne pourrais-tu donc pas m'en faire une démonstration ?
- Comment aurais-je pu.. Ah ! Le tunnel ! Jamais je n'aurais pensé que cela aurait un tel effet sur ce monde. Je me mordis la lèvre, affligée par ma propre faute. Veuillez m'excuser mon Roi, seulement je suis actuellement incapable d'utiliser la magie qui m'a servit à détruire la forêt. Et je voulais surtout éviter de créer une seconde fois un désordre pareil.
- Si tu ne le peux pas, je n'ai plus aucun intérêt pour toi. Il fit un geste de la tête. Emmenez-la, nous nous en occuperons demain à la première heure. »

Si je comprenais bien ses propos, il m'exécutera le lendemain. Aucune envie de perdre la tête ! Les gardes s'approchèrent de moi en groupe, j'étais encerclée, je ne pouvais pas m'échapper. Mon rythme cardiaque s'accéléra par la peur. Je ne veux pas mourir, certainement pas avant d'avoir revu Hakuoro et d'avoir eu des réponses. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de moi, je devais agir, et vite. Je sentais des picotements dans mes jambes, comme si elles mourraient d'envie de bouger, de courir. De sauter. A cette pensée, j'ouvris grands les yeux et remarquais que j'étais dans les airs, en train de survoler les gardes. Le Roi devait être content maintenant ! Je ne comptais surement pas le laisser me capturer, pas une seconde fois. Je vis le monde tourner autour de moi, mon corps tournant sur lui-même dans les airs de haut en bas, puis je repris pieds sur terre, loin des gardes, près de la porte. Mon regard se porta cependant sur mes poignets, eux aussi, j'y sentais un fourmillement intriguant, et en écoutant mon instinct, je glissais mes mains hors des menottes. Pendant un court instant, mes doigts se rejoignirent pour ne former qu'un, et se métamorphosa en .. fils roses. Les menottes tombèrent au sol et mes mains reprirent leurs formes originelles. C'était de plus en plus étranges. Déjà, je pouvais créer un tunnel me permettant de traverser une zone ténébreuse. Ensuite, je peux faire un saut de plusieurs mètres en hauteur. Et maintenant ça. Qu'allait-il survenir après ? Je me posais sérieusement la question.

Les gardes n'en avaient toujours pas terminé avec moi, bien qu'ils aient l'air de se demander quel tour j'allais encore leur jouer, ils s'approchaient encore, je fis un pas en arrière, me rapprochant ainsi de la sortie. Mais soudainement ce côté ne me fut plus accessible quant à la venue d'une tierce personne par là. Mon unique chance de m'en sortir, envolée en fumée. La lourde porte grinça un instant, et avant même que je ne puisse tourner la tête, mes bras étaient pris au piège dans mon dos, cette personne me les ayant attrapé. J'étais finis. Ma tête retomba vers le bas en même temps que je poussais un soupir désespéré. Il m'avait prit par surprise, je ne m'attendais absolument pas à ce qu'un garde vienne par là. Ma naïveté me perdra ! Dans le cas présent, je dirais qu'elle vient tout juste de me perdre.
Un bruit à répétition m'interpella malgré moi, et fit tourner la tête aux gardes, rapidement, toutes les paires d'yeux étaient posées sur le Roi. Ce dernier s'était levé de son piédestal et avancé vers nous, ce troupeau devant la grande porte, à se donner en spectacle. Le prenait-il réellement comme un divertissement ? Les sourcils froncés, je le fixais pendant qu'il continuait de s'approcher, Ahiru ne s'arrêta que lorsque nous n'étions plus qu'à un mètre l'un de l'autre. Ses mains qui applaudissaient la scène à laquelle il venait d'assister se stoppèrent aussi et retombèrent le long de son corps.

« Merveilleuse démonstration ma chère. Pourquoi nous l'avoir caché ? A présent, j'aurais une proposition à te faire part. Pourrais-tu me dire ton nom, à moins que tu ne veuilles être appelée mendiante pour toujours ?
- Suika, crachais-je froidement à son attention. Je vous écoute, ce qu'il avait à me dire m'intéressait néanmoins et je n'avais rien à perdre à l'écouter, si cela pouvait sauver ma tête.
- Ne discutons pas de cela ici, Suika. Ses yeux se levèrent et il parla à la personne qui me tenait fermement. Tu peux la lâcher. Bien, suivez-moi vous deux, nous avons un festin qui nous attend ! »

Récupérant mes bras, je me massais les poignets avec une petite moue, mais dès que j'entendis le mot festin, mes yeux s'animèrent comme jamais et je frétillais sur place. Ce mot n'avait fait qu'un tour dans ma tête que je m'avançais presque plus vite que le Roi en personne. Impolitesse de ma part, certes, seulement je n'y pouvais rien ! Dès qu'il s'agissait de nourriture, j'étais intenable. Je tournais sur moi-même en m'imaginant toute sorte de mets différents. Et pendant que je m'extasiais sur mon imagination débordante et surtout la nourriture que j'inventais, nous avions atteint une autre salle, et ce qu'il y avait à l'intérieur me fit faire un bond d'un mètre, non pas en arrière, mais bel et bien en avant car la gourmandise était mon péché mignon. La salle, bien plus petite que celle du trône, avait à son centre une grande table où reposait plusieurs plats. De délicieux plats. J'en avais l'eau à la bouche. J'attendis le feu vert de son altesse pour attaquer le premier plat que je voyais. J'avais littéralement sauté par-dessus une chaise pour avoir accès à tout ce que je voulais. Premier plat, qu'un seul mot à dire : délicieux. Un énorme morceau de bœuf à la sauce aigre douce. Second plat, une cuisse de vache. Première fois que je voyais ça ! Pourtant je savais ce que c'était.. L'odeur peut-être. Dans tous les cas, je l'ai englouti d'une traite ! Au fur et à mesure que je me régale, des serviteurs défilaient dans la salle en apportant de nouveau plats. Mais à force de manger aussi vite, ça finit par ne plus passer, j'avais besoin de quelque chose. De l'eau. N'importe quoi qui soit liquide et potable ! Un serviteur me donna ce qu'il me fallait, même si la couleur étrangement bordeaux et épaisse m'intriguait beaucoup, je me suis emparé du verre qu'il me tendait et avalais tout cul sec. J'ai reposé le verre sur la table en soupirant d'aise. Le goût ne m'était pas inconnu du tout : du jus de fraise. Cela me rappelait grand-mère et son jardin. Son potager. Ses fraises. Toujours délicieuses.

« Tu ne manges rien, la voix du Roi me fit relever la tête alors que je m'emparais d'une part de gâteau assez conséquente, Hakuoro ? »

Un bruit d'assiette cassée reporta toute l'attention des personnes présentes dans la salle sur moi. Ce nom m'avait fait tressaillir, perdre l'équilibre, et finalement laisser tomber ce que je tenais dans mes mains. Mon corps était pris de tremblements, tandis que mon cœur s'affolait, et mes yeux regardèrent dans tous les sens avant de s'arrêter sur lui. Il était assit, le dos droit, les bras croisés, et me regardait de ses yeux en or. Depuis tout ce temps, je le cherchais, et il était juste là. J'avais préféré manger plutôt que de me tourner vers lui. A quel moment était-il entré ? C'est là que j'en pris conscience. La personne qui avait ouvert la porte derrière moi, qui m'avait attrapé les bras et empêché de m'échapper, à qui Ahiru s'adressait en lui disant de me lâcher puis de nous suivre, c'était lui. Il était là, et je ne l'avais pas vu. Je n'avais accordé aucune importance au garde qui m'avait arrêté dans ma tentative de fuite.
Je fis un pas vers lui, ses yeux ne me quittaient pas, je n'avais besoin de rien d'autre que de ça, ma main se tendit vers lui instinctivement, je voulais l'attraper et être sûre qu'il ne m'échappe plus jamais, et être certaine qu'il se trouvait bel et bien là, que c'était bel et bien lui. Mais je le savais même sans ça. Même si son visage était à moitié dissimuler derrière un masque, tant qu'il y avait ses yeux d'ouverts, je le reconnaitrais toujours. Car il n'y a personne en ce monde - et n'importe quel autre - qui a un regard semblable au sien. Aussi brillant que le soleil, et pourtant aussi sombre que la nuit de par le voile de solitude dont ses prunelles sont recouvertes.

« Vous vous connaissez ? Demanda le roi en voyant ma réaction soudaine.
- .. Non. Répondit-il après un semblant d'hésitation. C'est la première fois que je rencontre cette personne. »

Mon bras retomba le long de mon corps. Mon nez me démangeait et mes yeux me piquaient. J'avais l'affreuse envie de pleurer. Mais je devais me montrer forte à tout instant, ne pas dévoiler ma tristesse, ma douleur, aussi insoutenable soit-elle. Qu'il m'ait oublié me faisait mal, très mal, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Plusieurs années sont passées depuis notre rencontre. Depuis cet été que nous avions passé ensemble. Depuis qu'il m'avait prit dans ses bras pour me réconforter, m'avait porté jusqu'à ma chambre et était resté avec moi jusqu'à ce que je m'endorme. Tant de temps. Et malgré toutes ces années, moi je ne l'ai pas oublié. La forme de son visage a certes un peu changé depuis, mais je le reconnaitrais entre mille. Tout ça à cause de son regard qui m'a interpellé la première fois que je l'ai vu. Ce même regard qu'il pose avec toute l'indifférence du monde sur ma personne. Il ne semble réellement pas me reconnaître. Pourtant, je n'ai pas changé tant que ça. Je me mordais la lèvre inférieur afin de ne pas laisser s'écouler des larmes inutiles, et redonnais toute mon attention aux multiples appels à ma personne que me lançait le roi.

« Suika ! Ce fut le dernier avant que je ne tourne la tête vers lui. Eh bien, tu n'as pas l'air dans ton assiette. Pouvons-nous tout de même discuter de cette proposition ?
- Bien sûr, pardonnez-moi votre majesté, je suis toute ouïe.
- Voilà l'affaire. Tu sais que le pays est en période de crise et qu'en tant que Roi, il en va de mon devoir de changer cela ? Je ne voyais absolument pas de quoi il parlait puisque j'étais extérieur à ce monde, mais j'acquiesçais la tête, un peu comme avec mon professeur de mathématiques et son éternel même discours sur les bonnes manières. Les autres nations veulent nous conquérir, profiter de cet état de faiblesse pour nous attaquer et prendre notre liberté, notre territoire, et c'est inconcevable. Je ne veux pas de guerre, ainsi j'ai besoin de les dissuader de s'en prendre à nous. Pour cela, je suis dans la nécessité de personnes ayant le pouvoir de convaincre. Autant dans l'éloquence que dans la force. Et ta démonstration de tout à l'heure ainsi que ton exploit plus tôt dans la journée, ont suffit à me donner l'idée de t'y faire prendre part. Qu'en dis-tu ? »

Le discours d'un roi dans toute sa splendeur. Sa raison était noble. Lui avait l'éloquence. Voyait-il en moi la force ? Pour le moment, la seule chose que j'ai pus voir c'était ma capacité à m'échapper ainsi qu'à me frayer des chemins incroyables. Ainsi que raser une forêt d'un seul coup sans le vouloir, donc ça ne compte pas. Cependant, j'avais beaucoup à apprendre encore, de pouvoir à découvrir, de choses à voir, de personnes à rencontrer, dans ce monde-là. Parallèlement opposé au mien. Et je sentais que ma place était ici. Si j'avais ces pouvoirs en ma possession, ce n'était pas pour rien, il fallait le concevoir d'une façon ou d'une autre : j'étais spéciale. Sauf que ces capacités qui sont miennes, je ne devais pas les garder pour moi seule, et la seule façon que j'avais à m'entraîner, à en découvrir de nouveau et à devenir plus forte, c'était de me rendre sur le champ de bataille si guerre il y avait. Ce besoin d'aider ces personnes totalement inconnues m'étreignit tout d'un coup. Rester, écouter, comprendre, apprendre, combattre, s'entraîner, étudier. Je le savais d'or et déjà, une multitude de chose m'attendrait. Et ça m'excitait d'avance.
Un sourire se dessina sur mon visage alors que je portais mon regard sur cette personne qui comptait tant pour moi et qui m'avait malheureusement effacé de sa mémoire. S'il était là, avec ce roi qui me posait la question la plus importante de ma vie, j'avais une chance de lui faire retrouver la mémoire, de me rapprocher de lui, d'en apprendre d'avantage sur sa personne, et d'avoir des réponses à mes questions. Encore une fois, je retrouvais ma bonne mine, mon regard déterminé et mon éternel sourire collé au visage.

« Ce sera avec grand plaisir, son altesse. »

Pour accompagner ma tirade, je lui fis une révérence. Comment pouvais-je laisser passer une chance comme celle-ci ? C'est une opportunité à prendre tout de suite, car elle ne risquait pas de se représenter à nouveau à moi. Et étrangement, je sentais que si je n'acceptais pas, je lui donnais ma tête sur un plateau ! Et loin de moi l'envie de ne plus rien avoir sur les épaules..
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